SRMNIA-N – SANTE DE LA MERE ET DE L’ENFANT

SRMNIA-N

Source : L’état de santé de la population en république de Guinée, Ministère de la Santé – Rapport 2019

Les soins de santé durant la grossesse, l’accouchement et après l’accouchement sont importants pour la survie et le bien-être de la mère et de l’enfant. Les soins pendant la grossesse, l’accouchement et la période post-partum sont des interventions importantes dans la réduction de la morbidité et de la mortalité maternelles et néonatales.

SUIVI DE LA MERE

Couverture en soins prénatals

Environ huit femmes de 15-49 ans sur dix (81 %) ayant eu une naissance vivante au cours des 5 années ayant précédées l’enquête ont reçu des soins prénatals dispensés par un prestataire qualifié. Plus d’un un tiers des femmes a effectué au moins 4 visites prénatales (35 %) et dans 29 % des cas, la première visite prénatale a eu lieu à moins de 4 mois de grossesse(5). (EDS 2018)

Consultation Pré Natale (CPN) de routine 2018-2019

L’observation des données de consultations prénatales (CPN1 et CPN4) des années susmentionnées montre une tendance évolutive de l’utilisation des services de santé de base. Cependant, il convient de noter que le taux de continuité de la CPN4 reste faible, seulement 57 % en 2018 et 69 % en 2019.CPN 1 2018 : 410 440 et CPN 4 2018 : 233 902 ; CPN1 2019 : 502 248 et CPN4 2019 : 345 906 (22).

Lieu et assistance à l’accouchement :

Un peu plus d’une naissance vivante ayant eu lieu au cours des 5 années avant l’enquête sur deux a eu lieu dans un établissement de santé (53 %). Cette proportion a augmenté entre 2012 et 2018, passant de 40 % à 53 %). Les naissances du milieu urbain se déroulent plus fréquemment en établissement de santé que celles du milieu rural (84 % contre 40 %).La proportion de naissances assistées par du personnel de santé qualifié est passé de 44 %en 2012 à 55 % en2018.

Soins postnatals : Le pourcentage de femmes ayant eu un examen postnatal dans les deux jours après la naissance a augmenté, passant de 37 % en 2012 à 49 %en 2018. Le pourcentage de femmes n’ayant reçu aucun soin prénatal n’a pas non plus diminué de manière importante (17 % en 2005 à 13 % en 2012 et 14 % en 2018)(5).

 

Accouchement en établissement de santé

L’amélioration de la prestation des services de santé maternelle est fondamentale pour réduire la mortalité maternelle et néonatale. Cependant, l’accès aux établissements de santé reste plus difficile pour les populations des zones rurales que celles des zones urbaines en raison du manque d’installations appropriées, de la distance et de l’inaccessibilité financière.

La comparaison des résultats de l’EDS V 2018 avec ceux de l’EDS-MICS 2012 et de l’EDS III2005, montre que la proportion de naissances qui ont eu lieu dans un établissement de santé a significativement augmenté, de 31 % en 2005 à 40 % en 2012 et 53 % en 2018 et que les accouchements à la maison sont toujours très fréquents, mais en baisse (69 % en 2005 contre 59 % en 2012 et contre 47 % en 2018)(5).

 

La proportion de naissances qui ont eu lieu dans un établissement de santé augmente avec le niveau d’instruction de la mère, passant de 46 % parmi les naissances de femmes sans niveau d’instruction à86 % parmi les naissances de femmes ayant le niveau secondaire ou supérieur.

Parmi les naissances qui n’ont bénéficié d’aucun soin prénatal, seulement 12 % ont eu lieu dans un établissement de santé contre 72 % quand la mère a effectué au moins 4 visites prénatales (5).

Accouchements assistés 2018 – 2019 :

La collecte des données de routine en 2019, montre un total de 291 863 accouchements effectués dans les structures sanitaires par un personnel qualifié contre 180 755 en 2018(22).

 

 


Graphique 3 : Tendances des accouchements selon les lieux (5)

 

Violences basées sur le Genre

Les femmes et les enfants mineurs sont des catégories sociales particulièrement vulnérables aux violences domestiques et aux abus sexuels d’après les représentants de la société civile rencontrés. Selon les autorités guinéennes, 92% des femmes âgées de 15 à 64 ans ont été victimes d’au moins un acte de violence.

Le Code de l’enfant guinéen, dans son article 295, définit les mauvais traitements comme « la soumission de l’enfant à la torture, à des violations répétées de son intégrité physique, ou sa détention, ou l’habitude de le priver de nourriture, ou de commettre tout acte de brutalité qui est susceptible d’affecter l’équilibre affectif, psychologique ou physique de l’enfant ».

La maltraitance des enfants au sein de la famille, à l’école ou au travail, représente une forme courante de violence. Selon des militantes de la société civile, la « bastonnade » est employée « à des fins éducatives » par la plupart des adultes. La violence sexuelle intrafamiliale est également importante selon ces mêmes sources(23).

Mutilations génitales féminines

La Guinée est signataire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant30 depuis le 13 juillet 1990. Depuis le 13 août 2008, l’excision est interdite en République de Guinée. Les articles 405 et suivants du Code de l’enfant interdisent les mutilations génitales. Les militantes associatives guinéennes rencontrées expliquent que d’importantes campagnes de sensibilisation ont été menées à travers le pays, mais l’excision demeure fortement ancrée en Guinée, dans toutes les régions et toutes les ethnies.

Malgré une législation nationale sans équivoque et des campagnes de sensibilisation continuelles depuis les années 1990, la prévalence de l’excision reste très élevée en Guinée.

La pression sociale reste très importante, d’après l’UNICEF et l’ensemble des associations rencontrées qui sont impliquées dans ce domaine : lorsqu’une fille n’est pas excisée, elle est mise à l’écart et fait l’objet de railleries de la part de ses camarades excisées. Cette stigmatisation dès le plus jeune âge est un fort déterminant social qui marquera les futures adultes. Selon la spécialiste de la protection de l’enfance à l’UNICEF, l’excision demeure une pratique largement répandue avec une prévalence de 96% qui ne semble pas baisser. Mais ce taux est largement questionné par plusieurs observateurs qui dénoncent la méthodologie d’élaboration des statistiques. Ainsi, plusieurs représentants de la société civile à Conakry avancent un taux moyen de 65 à 70%, sans fournir d’éléments statistiques.

Selon les derniers indicateurs fournis par la spécialiste de la protection de l’enfance à l’UNICEF, l’excision se pratique très majoritairement entre 5 et 9 ans. Cette tendance se dessine tant en milieu urbain que rural.

Selon le rapport de l’UNICEF publié en 2015, « le type d’excision majoritaire » change. Le lieu de l’excision aussi suit ce mouvement. Il s’est notamment déplacé de la brousse vers le domicile parental après avoir transité, un temps, par les structures sanitaires qui restent le second endroit d’excision en Guinée. Ces structures sanitaires sont d’abord et avant tout les centres de santé, bien loin, avant les cliniques, les postes de santé et les cliniques.

La spécialiste de la protection de l’enfance à l’UNICEF confirme, par ailleurs, que l’excision de type II (excision du clitoris avec excision partielle ou totale des petites lèvres) diminue, tandis que l’excision de type I est en progression croissante(23).

Mortalité Maternelle

Une baisse de la mortalité maternelle de 724 à 550 décès pour 100 000 naissances vivantes selon le MICS 2016. La mortalité maternelle bien qu’elle ait diminuée de façon significative au cours de la période 2005-2012 par rapport à la période 1999-2005, est encore très élevée en Guinée avec 724 décès pour 100.000 naissances vivantes, attestant du risque important de décès que courent les femmes pour chaque grossesse. Ce qui traduit non seulement la mauvaise santé des femmes pendant la grossesse mais aussi la disponibilité et la qualité insuffisantes des soins obstétricaux offerts. Malgré les progrès perceptibles, le rythme d’amélioration de ces indicateurs est insuffisant et leurs valeurs respectives restent encore nettement en-deçà des cibles visées (24).

A retenir

  • Le pourcentage de femmes n’ayant reçu aucun soin prénatal reste élevé (17 % en 2005 à 13 % en 2012 et 14 % en 2018) ;
  • Le taux de continuité de la CPN4 reste faible (57 % en 2018 et 69 % en 2019) ;
  • L’insuffisance d’établissements de soins de qualité dans la zone rurale ;
  • La proportion de naissances assistées par du personnel de santé qualifié est passé de 44 %en 2012 à 55 % en2018. Cependant, les accouchements à domicile restent élevés (69 % en 2005 ; 59 % en 2012 et 47 % en 2018) ;
  • Le taux de continuité de la CPN4 reste faible, seulement 57 % en 2018 et 69 % en 2019 ;
  • Selon les autorités guinéennes, 92% des femmes âgées de 15 à 64 ans ont été victimes d’au moins un acte de violence ;
  • Selon la spécialiste de la protection de l’enfance à l’UNICEF, l’excision demeure une pratique largement répandue avec une prévalence de 96% qui ne semble pas baisser ;
  • La baisse de la mortalité maternelle de 724 à 550 décès pour 100 000 NV selon le MICS 2016 (22).

 

Quelques actions prioritaires

  • Renforcer la Gouvernance, la coordination et le partenariat pour la SRMNIA ;
  • Améliorer le Financement de la SRMNIA ;
  • Renforcer le système de Suivi/Evaluation ;
  • Rendre disponibles les RH de qualité au niveau des points de prestation de services ;
  • Rendre disponibles des équipements et des médicaments essentiels pour la SRMNIA ;
  • Renforcer les interventions à haut impact sur la SRMANIA ;
  • Améliorer la communication et la mobilisation sociale dans les formations sanitaires et dans la communauté.

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